23/07/2003

L’Enfer de Dante, version Marilyn Manson

Ma culture musicale étant ce qu’elle est (à savoir embryonnaire - voire inexistante), j’ai longtemps cru que Jane et Marilyn Manson étaient une seule et même personne. Sans la reprise de ‘Tainted Love’ et son passage en boucle sur MTV, j’en serais encore à rechercher l’attribut gothique d’un ‘Faisons l’amour, avant de nous dire...’

C’est donc avec approximativement quinze ans de retard que j’ai fait la connaissance de Brian Warner, alias Marilyn Manson.

Un vrai coup de foudre, comme au cinéma (réciprocité en moins). C’est pas que je le trouve séduisant le Marylin Manson... mais il m’intrigue. Une fascination aussi fulgurante qu’imprévisible. Trentenaire équilibrée, sans dépendance ni vice apparent, bien sous tous rapports... recherche junkie androgyne, limite dingo, style ‘Nuit des morts vivants’... pour relation stable. Résonnaient déjà dans ma tête les gloussements moqueurs de mes petits camarades. Peu importe, j’étais bien décidée à ignorer leurs plus infâmes railleries.

Direction la Fnac, afin d’en savoir un peu plus sur ce fameux Brian Warner. Alors, vous me mettrez... un ‘Mémoires de l’Enfer’ et un ‘Golden Age of Grotesque’. Je vous dois ? Très amusant d’observer la caissière repérer les photos de couvertures (plutôt glauques, il faut bien l’avouer), émettre une grimace d’écoeurement et remonter lentement jusqu’à moi. Rictus crispé. Regard soupçonneux. La dernière des traînées aurait droit à plus d’égards.

Une réaction isolée ? Pas de tout. Lire ‘Mémoires de l’enfer’ à la terrasse d’un café, au lavoir ou dans le métro revient à pactiser publiquement avec le diable. On vous épie d’un air suspicieux. On affiche des mines horrifées. On fronce les sourcils en signe de désapprobation. Fascinant ! C’est presque à regrets que je terminais les quelques 300 pages et échappais par la même occasion aux regards inquisiteurs de mes concitoyens.

Constat a posteriori ? Biographie troublante. Hallucinante. Brian Manson aurait-il créé de toute pièce ce personnage hybride, entre Marilyn Monroe et Charles Manson. Equilibre fragile entre le bien et le mal. Est-ce sa propre vie ou celle, fictive, de son personnage qui est relatée scrupuleusement dans ‘Mémoires de l’Enfer’ ? Tout cela ne serait-il qu’une mise en scène, un show ‘à l’américaine’ ? Se pourrait-il que Marilyn Manson ne soit en fin de compte qu’un produit marketing issu de notre société dégénérée ?

Et si Brian Warner s’était réellement métamorphosé en Marylin Manson, comme le prétend sa biographie (Mémoire de l’enfer ou la chronique d’une chute originelle, d’une métamorphose et d’une renaissance). Que cherche-t-il ? A séduire par la répulsion ? A se vider de son humanité ? A s’affirmer par la musique ? A se libérer de ses cauchemars ? A faire sortir notre société du coma ? A condamner le Christianisme ?

Page 80. Brian Warner parle de Marilyn Manson comme d’un ‘projet scientifique’. Ca ne vous rappelle rien ? Une créature abjecte qui se serait retournée contre son créateur... Brian Warner contre Marilyn Manson. Le choc des titans !


09:39 Écrit par julie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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