28/07/2003

Me, Myself & I

Vous êtes vous déjà demandé à quoi pouvait bien ressembler votre Ca ?

C’est mon Moi qui, un jour, spontanément, exprima le besoin de débusquer celui à cause duquel il n’était plus maître dans sa propre demeure. Mon Surmoi, épouvanté par ce funeste projet, tenta avec acharnement de nous en dissuader, invoquant mille et un périls. Des menaces qui ne firent qu’accroître notre détermination et notre témérité.

Où mon Ca se terrait-il ? Dans quelle antre maléfique ? Sous quel sillon obscur et inhospitalier ? Nous étions terra incognita, perdus dans les replis sinueux de mon écorce cérébrale. Nous progressions insensiblement à travers les circonvolutions. Devons-vous vraiment descendre si profondément dans les méandres de mon âme ? gémissais-je.

Ou voudrais-tu qu’il soit d’autre, me lança mon Moi, méprisant. Si l’individu est pluriel, ce qui l’oblige à agir malgré lui ne peut provenir que des bas-fonds. C’est la première fois que mon Moi me parlait avec une telle arrogance. L’angoisse, sans doute, de défier sa propre âme-soeur, d’affronter cette créature immorale qu’est l’Inconscient.

Ca y est, le mot est lancé : Inconscient. Sacrilège ! On ne prononce pas le nom d’une puissance démoniaque en sa présence. IL... IL canalise nos désirs les plus inavoués, nos pulsions les plus inavouables. IL se soustrait à notre volonté et se gave de nos refoulements, de nos blessures, de nos expériences passées. Aucun de nos actes est innocent ou anodin car IL veille constamment, ne ferme jamais l’oeil. IL ne peut s’exprimer librement et vit dans la clandestinité. Sans les actes manqués, les lapsus, les rêves, les pathologies, les névroses, les phobies, les obsessions... personne ne se serait jamais douté de son existence.

Nous approchions...

Soudain, mon Moi se figea. Devant nos yeux exorbités se tenait mon Ca. Notre oppresseur était là, immobile et placide. L’antithèse du tortionnaire perfide auquel nous nous attendions. Mon Ca émit un râle sourd et se traîna péniblement jusqu’à nous.

De toute évidence, IL était incapable d’émettre autre chose que ce grotesque mugissement. C’est donc ça (il porte bien son nom !) l’instance psychique qui nous pousse à agir contre notre volonté, qui canalise nos pulsions refoulées. L’Inconscient... une créature rampante, difforme et visqueuse ! Je est un autre aurait affirmé Rimbaud. Et quel autre : un mollusque dégénéré !

Déçus, mon Moi et moi-même reprirent le chemin du retour, laissant là un Ca inerte. A-t-il seulement compris qui nous étions ? J’en doute. Nous retrouvâmes mon Surmoi, abasourdi par notre découverte.

La vie reprit son cours, comme si rien ne s’était jamais passé. Toujours aujourd’hui, je fais des rêves absurdes... Je continue à avoir peur du noir, du vide, de l’eau sans raison... Je développe de nouvelles obsessions... Je somatise de temps en temps.

Et dire que je l’avais en face de moi LE responsable. Un mollusque dégénéré !!!


17:09 Écrit par julie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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