30/07/2003

Il était une fois...

N°301 - Eté 1992...

Que le temps passe vite. Ca fait déjà onze ans ! Onze longues années que je conserve précieusement ce vieil exemplaire jauni du Magazine littéraire.

C’est une revue comme une autre. Enfin presque. La page 20 est cornée. On peut y lire le titre suivant : Platon - le mythe de la coupure originelle (Banquet, 189a-198a, Aristophane).

Vous voulez une belle histoire ? Et bien, écoutez ce qui va suivre...

[ Au commencement, bien avant que le monde soit monde, la nature humaine comprenait trois genres (et non pas deux comme aujourd’hui) : le mâle, la femelle et l’androgyne. Le premier était issu du soleil, le second de la terre, le troisième de la lune.

Chacun de ces êtres était double, avait l’apparence d’une sphère et se déplaçait circulairement. Quatre mains, le même nombre de jambes, deux visages situés aux opposés d’une tête unique, quatre oreilles... et deux sexes, placés sur la partie postérieure du globe. Deux sexes masculins pour le mâle. Deux sexes féminins pour la femelle. Un sexe masculin et un sexe féminin pour l’androgyne.

Un jour, ces Hommes puissants et vigoureux tentèrent d’escalader le ciel pour combattre les Dieux. Excès d’orgueil ! Zeus et ses acolytes, fous de rage, délibérèrent sur comment affaiblir les Hommes et les délivrer de leur démesure. ‘Dédoublons-les !’ s’écria Jupiter. Zeus ordonna ensuite à Apollon de suturer la blessure ouverte sur chacune des moitiés. Blessure dont le nombril constituerait aujourd’hui l’ultime cicatrice.

Divisé, l’être primitif se laissa lentement dépérir. Les humains dédoublés ne voulurent plus rien faire sans leur moitié. Ils choisirent de mourir plutôt que de vivre séparés l’un de l’autre. L’espèce humaine s’éteignait inexorablement...

Rongé par la culpabilité, Zeus décida alors de mettre fin au terrible châtiment. Il déplaça le sexe de chacune des moitiés jusqu’à l’avant du corps. Les Hommes purent ainsi s’unir à nouveau et recréer, par intermittence, l’unité originelle. Ceux qui étaient mâles ou femelles à l’origine devinrent homosexuels. Les androgynes, hétérosexuels. ]

Alors... elle est pas belle mon histoire ?

Et puis, j’aime bien l’idée que nous faisons tous partie d’une fraction d’être humain dédoublé. Que cette nostalgie de l’unité originelle constitue l’essence même de toute relation amoureuse. Que nous passons notre temps à rechercher notre moitié disparue.

Le mythe des âmes soeurs en quelque sorte...


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28/07/2003

Me, Myself & I

Vous êtes vous déjà demandé à quoi pouvait bien ressembler votre Ca ?

C’est mon Moi qui, un jour, spontanément, exprima le besoin de débusquer celui à cause duquel il n’était plus maître dans sa propre demeure. Mon Surmoi, épouvanté par ce funeste projet, tenta avec acharnement de nous en dissuader, invoquant mille et un périls. Des menaces qui ne firent qu’accroître notre détermination et notre témérité.

Où mon Ca se terrait-il ? Dans quelle antre maléfique ? Sous quel sillon obscur et inhospitalier ? Nous étions terra incognita, perdus dans les replis sinueux de mon écorce cérébrale. Nous progressions insensiblement à travers les circonvolutions. Devons-vous vraiment descendre si profondément dans les méandres de mon âme ? gémissais-je.

Ou voudrais-tu qu’il soit d’autre, me lança mon Moi, méprisant. Si l’individu est pluriel, ce qui l’oblige à agir malgré lui ne peut provenir que des bas-fonds. C’est la première fois que mon Moi me parlait avec une telle arrogance. L’angoisse, sans doute, de défier sa propre âme-soeur, d’affronter cette créature immorale qu’est l’Inconscient.

Ca y est, le mot est lancé : Inconscient. Sacrilège ! On ne prononce pas le nom d’une puissance démoniaque en sa présence. IL... IL canalise nos désirs les plus inavoués, nos pulsions les plus inavouables. IL se soustrait à notre volonté et se gave de nos refoulements, de nos blessures, de nos expériences passées. Aucun de nos actes est innocent ou anodin car IL veille constamment, ne ferme jamais l’oeil. IL ne peut s’exprimer librement et vit dans la clandestinité. Sans les actes manqués, les lapsus, les rêves, les pathologies, les névroses, les phobies, les obsessions... personne ne se serait jamais douté de son existence.

Nous approchions...

Soudain, mon Moi se figea. Devant nos yeux exorbités se tenait mon Ca. Notre oppresseur était là, immobile et placide. L’antithèse du tortionnaire perfide auquel nous nous attendions. Mon Ca émit un râle sourd et se traîna péniblement jusqu’à nous.

De toute évidence, IL était incapable d’émettre autre chose que ce grotesque mugissement. C’est donc ça (il porte bien son nom !) l’instance psychique qui nous pousse à agir contre notre volonté, qui canalise nos pulsions refoulées. L’Inconscient... une créature rampante, difforme et visqueuse ! Je est un autre aurait affirmé Rimbaud. Et quel autre : un mollusque dégénéré !

Déçus, mon Moi et moi-même reprirent le chemin du retour, laissant là un Ca inerte. A-t-il seulement compris qui nous étions ? J’en doute. Nous retrouvâmes mon Surmoi, abasourdi par notre découverte.

La vie reprit son cours, comme si rien ne s’était jamais passé. Toujours aujourd’hui, je fais des rêves absurdes... Je continue à avoir peur du noir, du vide, de l’eau sans raison... Je développe de nouvelles obsessions... Je somatise de temps en temps.

Et dire que je l’avais en face de moi LE responsable. Un mollusque dégénéré !!!


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25/07/2003

I WANT YOU

LE CDIH PROCEDE A SA GRANDE CAMPAGNE ANNUELLE DE RECRUTEMENT ! 

Attention: l’adhésion à ce club exige des prédispositions. Ne devient pas IH qui veut ! Seuls les sujets les plus brillants... les éléments les plus prometteurs... triés sur le volet et soumis à des tests rigoureux... accéderont au statut tant convoité de membre officiel du CDIH.

Intéressé? Le manifeste ci-dessous devrait vous aider à savoir si, oui ou non, vous avez l’étoffe d’un IH et pouvez espérer rejoindre un jour les rangs du très sélect... CLUB DES IMBECILES HEUREUX.

 

  • L’IMBECILE HEUREUX est par nature rieur, particulièrement lorsque les circonstances ne s’y prêtent pas.
  • L’IMBECILE HEUREUX a une propension innée à sourire seul, béatement, sans raison apparente.
  • L’IMBECILE HEUREUX aime pousser la chansonnette, avec une préférence pour les airs ridicules.
  • L’IMBECILE HEUREUX a un sens aigu de l’auto-dérision.
  • L’IMBECILE HEUREUX s’enthousiasme pour tout ce qui laisserait un Non-Imbécile-Heureux indifférent.
  • L’IMBECILE HEUREUX ne se laisse jamais abattre, même dans les situations les plus accablantes.
  • L’IMBECILE HEUREUX est insousciant, candide et naïf.
  • L’IMBECILE HEUREUX fait très souvent office de ‘tête de turc’ et s’en réjouit.
  • L’IMBECILE HEUREUX n’a (heureusement pour lui !) pas peur du ridicule.
  • L’IMBECILE HEUREUX rit systématiquement à l’annonce d’une mauvaise nouvelle.
  • L’IMBECILE HEUREUX s’enchante du moindre compliment, qu’il soit ou non sincère.
  • L’IMBECILE HEUREUX n’est pas rancunier, même quand il pourrait franchement l’être.
  • L’IMBECILE HEUREUX préfère donner que recevoir.
  • L’IMBECILE HEUREUX s’émerveille de tout et n’importe quoi.
  • L’IMBECILE HEUREUX répète inlassablement que ‘le meilleur est toujours à venir’.

Vous correspondez au profil recherché ? Soyez peut-être le ou la prochain(e) à rallier le CLUB DES IMBECILES HEUREUX. Formulaire d’adhésion et photo d’identité à envoyer au siège central du CDIH, à 1000 Bruxelles.

Signé : la Présidente.



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23/07/2003

L’Enfer de Dante, version Marilyn Manson

Ma culture musicale étant ce qu’elle est (à savoir embryonnaire - voire inexistante), j’ai longtemps cru que Jane et Marilyn Manson étaient une seule et même personne. Sans la reprise de ‘Tainted Love’ et son passage en boucle sur MTV, j’en serais encore à rechercher l’attribut gothique d’un ‘Faisons l’amour, avant de nous dire...’

C’est donc avec approximativement quinze ans de retard que j’ai fait la connaissance de Brian Warner, alias Marilyn Manson.

Un vrai coup de foudre, comme au cinéma (réciprocité en moins). C’est pas que je le trouve séduisant le Marylin Manson... mais il m’intrigue. Une fascination aussi fulgurante qu’imprévisible. Trentenaire équilibrée, sans dépendance ni vice apparent, bien sous tous rapports... recherche junkie androgyne, limite dingo, style ‘Nuit des morts vivants’... pour relation stable. Résonnaient déjà dans ma tête les gloussements moqueurs de mes petits camarades. Peu importe, j’étais bien décidée à ignorer leurs plus infâmes railleries.

Direction la Fnac, afin d’en savoir un peu plus sur ce fameux Brian Warner. Alors, vous me mettrez... un ‘Mémoires de l’Enfer’ et un ‘Golden Age of Grotesque’. Je vous dois ? Très amusant d’observer la caissière repérer les photos de couvertures (plutôt glauques, il faut bien l’avouer), émettre une grimace d’écoeurement et remonter lentement jusqu’à moi. Rictus crispé. Regard soupçonneux. La dernière des traînées aurait droit à plus d’égards.

Une réaction isolée ? Pas de tout. Lire ‘Mémoires de l’enfer’ à la terrasse d’un café, au lavoir ou dans le métro revient à pactiser publiquement avec le diable. On vous épie d’un air suspicieux. On affiche des mines horrifées. On fronce les sourcils en signe de désapprobation. Fascinant ! C’est presque à regrets que je terminais les quelques 300 pages et échappais par la même occasion aux regards inquisiteurs de mes concitoyens.

Constat a posteriori ? Biographie troublante. Hallucinante. Brian Manson aurait-il créé de toute pièce ce personnage hybride, entre Marilyn Monroe et Charles Manson. Equilibre fragile entre le bien et le mal. Est-ce sa propre vie ou celle, fictive, de son personnage qui est relatée scrupuleusement dans ‘Mémoires de l’Enfer’ ? Tout cela ne serait-il qu’une mise en scène, un show ‘à l’américaine’ ? Se pourrait-il que Marilyn Manson ne soit en fin de compte qu’un produit marketing issu de notre société dégénérée ?

Et si Brian Warner s’était réellement métamorphosé en Marylin Manson, comme le prétend sa biographie (Mémoire de l’enfer ou la chronique d’une chute originelle, d’une métamorphose et d’une renaissance). Que cherche-t-il ? A séduire par la répulsion ? A se vider de son humanité ? A s’affirmer par la musique ? A se libérer de ses cauchemars ? A faire sortir notre société du coma ? A condamner le Christianisme ?

Page 80. Brian Warner parle de Marilyn Manson comme d’un ‘projet scientifique’. Ca ne vous rappelle rien ? Une créature abjecte qui se serait retournée contre son créateur... Brian Warner contre Marilyn Manson. Le choc des titans !


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18/07/2003

Hasards et coïncidences

Vous y croyez, vous, aux hasards et coïncidences ?
 
Mais si... Faites un effort ! Ne vous est-il jamais arrivé de penser à quelqu'un et de croiser cette même personne quelques secondes plus tard ? N'êtes-vous jamais, en fin de soirée, tombé sur une émission dont le sujet correspondait exactement à votre centre d'intérêt du moment ? Ne vous êtes-vous jamais demandé pourquoi à l'instant précis où vous pensez à un mot, celui-ci vous apparaît sur une couverture de magazine ?
 
Tout cela porte un nom : la synchronicité. Il existe même une expression pour désigner le fait de retomber systématiquement sur le même livre (ou du moins sur des livres traitant d'un sujet similaire). L'ange des bibliothèques. C'est beau, non ?
 
Mais attention, ne nous emballons pas ! D'après les spécialistes, prendre conscience des coïncidences aurait pour effet d'en augmenter la fréquence et l'intensité. C'est ce qu'on appelle la loi des séries ou sérialité. Surgirait alors l'effroyable impression d'être guidé par une force inconnue, surnaturelle.
 
Brrr, ça donne froid dans le dos. C'est vrai finalement... Toutes ces coïncidences ne sont-elles pas trop parfaites que pour être accidentelles ? Est-il vrai que 'rien n'arrive par hasard' ? Nos attentes, nos intuitions, nos instincts suffisent-ils toujours à expliquer ce qui nous arrive ?
 
'C'est comme si quelque force muette vous tirait par la manche. Il vous appartient alors de déchiffrer le sens de ce message rudimentaire. Si vous l'ignorez, il ne se produira sans doute rien. Mais vous aurez peut-être raté une occasion de changer le cours de votre vie.' Arthur Koestler, Racines du hasard, 1972

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16/07/2003

Povro Picasso

‘Je hais Picasso. Il a déjà tout fait’. Voilà comment débute Pollock, réalisé et interpreté par Ed Harris. La critique est unanime. Moi, partagée.

Travaux pratiques : achetez une reproduction format carte postale d’une toile de Jackson Pollock. Déposez le document sur votre bureau, bien en évidence. Patientez jusqu’à l’arrivée d’un de vos collègues. Observez attentivement : regard interloqué - moue dubitative - grimace d’écoeurement. 3... 2... 1... 'Mais qu’est-ce que c’est ? De l’art ? Ca !' La preuve empirique qu’il est difficile d’aimer l’oeuvre de Pollock sans la comprendre, ou du moins la resituer dans son contexte.

Flash back. Fin des années 40. Hiroshima est dans toutes les mémoires. Besoin d’un nouveau langage pictural, d’une nouvelle identité culturelle, d’un nouveau départ. Le mal-être des années 20 donna naissance au Constructivisme, au Surréalisme et au Dadaïsme. L’après seconde guerre mondiale engendrera (dans la douleur) l’Expressionnisme abstrait. Son chef de file : Jackson Pollock.

Ce qui distingue Pollock (et en fera la notoriété) ? La technique du dripping... consistant à laisser ruisseler la peinture, à la faire gicler sur une toile libre posée à même le sol. Le processus créatif imaginé par l’artiste est spontané, dynamique et gestuel. Pollock appréhende l’art comme une action et privilégie le travail du corps. De jamais vu.

Et dire que Picasso n’y avait même pas pensé !

Un art viscéral critiqué quelques années plus tard par Andy Warhol, pointant un bout de nez vorace dans le jardin des valeurs établies. Au contraire de l’Expressionnisme abstrait, le Pop-Art créera des oeuvres figuratives à l’aide de techniques inexpressives comme la sérigraphie. Le jour et la nuit. Le Yin et le Yang. Le Pop-Art et l’Expressionnisme abstrait.

Tout cela se retrouve dans Pollock... en filigrane. Il faut être devin ou savoir ‘lire entre les prises’. Ed Harris a préféré mettre l’accent sur la personnalité du peintre plutôt que sur son oeuvre. L’homme mis-en-film est contestataire, torturé, nombriliste, égoiste, orgueilleux et autodestructeur.

Quel dommage de réduire toute l’oeuvre de Pollock à un vulgaire stéréotype. Celui de l’artiste maudit. Névrosé et dépressif.

La critique est unanime. Moi, partagée.


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11/07/2003

Et les amours ?

Il semblerait, d’après les dires de certains, que se remettre d’une rupture amoureuse prendrait le nombre d’années qu’a duré la relation. Et bien, il va en falloir de la patience !

Pour être honnête, le célibat en lui-même n’est pas si pénible. Que du contraire ! Non, le plus accablant... ce sont les AUTRES. Ces esprits bien pensants qui se font un devoir, à chacune de vos rencontres, de ressasser systématiquement la même rengaine : ‘Et les amours ?’. Manuel du parfait ressasseur : toujours poser cette question en public, au moment où vous vous y attendez le moins, de préférence en l’accompagnant d’un clin d’oeil appuyé. Que voulez-vous répondre à cela si ce n’est le sempiternel ‘Ca va’ qui a au moins l’avantage de clore le sujet... jusqu’à la prochaine rencontre.

Et puis, dans la série des rengaines, il y a également toutes ces expressions 'bateau' -aussi insignifiantes que mensogères- qu’ils vous lancent fièrement à grand renfort de regards complices : ‘Un de perdu, dix de retrouver’, ‘Moins on cherche, plus on trouve’, ‘A chaque pot, son couvercle’, ... J’en passe et des meilleures. Quel ramassis de banalités. Et le pire, c’est qu’ils ont l’air d’y croire à leurs niaiseries. C’est pitoyable... et mauvais signe ! Signe que, malgré tous leurs efforts, ils n’ont rien trouvé de plus réconfortant à vous dire.

C’est alors que débarquent les moralisateurs ! Alors, eux, ce sont les pires. Animés d’une conviction inflexible, ils tentent de vous culpabiliser : ‘Tu es beaucoup trop exigeante, voilà le problème’. Deux solutions s’offrent à vous : conclure chacun de leur sermon par un mouvement de tête approbateur, dans l’espoir qu’ils se lassent et passent à autre chose. Ou mettre fin plus abruptement au laïus en lançant d’un air désinvolte que ‘de nos jours il est plus probable statistiquement de tomber sur une mine anti-personnelle que sur un type bien’. RA-DI-CAL !

Suivent les imposteurs. Ceux qui vous lanceront en pleine figure, sur le ton odieux de la confidence : ‘Reprends-toi que diable... ON est tout de même mieux seul que mal accompagné’. Dans la majorité des cas, l’imposteur est la parfaite contre-illustration des thèses qu’il défend : ancré depuis des lustres dans une vie conjugale terne et ennuyeuse, par peur de la solitude... Cocu, dépressif mais casé.

Bravo ! Vous avez survécu aux ressasseurs, moralisateurs et autres imposteurs. Reste à affronter les entremetteurs. Un combat de longue haleine. Car c’est qu’ils sont coriaces, perfides et rusés les entremetteurs. Ils tenteront de vous fourguer le dernier des abrutis l’air de rien : ‘Dis, tu viens samedi soir à mon souper fromage ?’ Et c’est une fois sur place, que vous vous rendrez compte de l’arnaque. Un bon conseil : ouvrez l’oeil et ne vous fiez pas aux apparences. L’entremetteur est passé maître dans l’art de déguiser un débile en ‘âme soeur’... un abruti en ‘prince charmant’.

Et puis il y a TOUS les autres :

  • Ceux qui 'ne comprennent pas pourquoi une fille comme VOUS est toujours célibataire' ;
  • Ceux qui vous demanderont inlassablement des nouvelles de votre ‘ex’ ;
  • Ceux qui vous répéteront /mois après mois/ 'qu’il faut laisser faire le destin' ;
  • Ceux qui vous lanceront chaque matin un pénible ‘Alors, on a fait des folies de son corps’ ;
  • Ceux qui penseront très fort que ‘vous auriez franchement besoin d’un mec pour aller mieux’ ;
  • Ceux qui formuleront un ‘Deux entrées ?’ alors qu’il n’y a que vous à cette saloperie de guichet ;
  • Ceux qui vous appeleront péniblement ‘célibattantes’ ;
  • Ceux qui ne trouveront jamais rien d’autre à dire que ‘avec le temps tout s’arrange’ ;
  • Ceux qui vous casseront les oreilles à grands coups de ‘Bridget Jones’ ;
  • Ceux qui vous imposeront un supplément single outrageusement élevé ;
  • Ceux qui vous briseront d'un 'N'attends tout de même plus trop longtemps' ;
  • ...
  • ...
  • ...

Et bien, il va en falloir de la patience ;-)


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08/07/2003

Mémoires d’une amnésique

J’aurais dû appeler mon blog "Memento", en référence au film de Christopher Nolan. Un homme qui se tatoue des messages sur le corps pour se souvenir. Et bien, moi, c’est pareil. Le support est juste quelque peu plus virtuel et considérablement moins original.
 
J’oublie tout ! Les dates, les chiffres, les prénoms, les noms, les titres, les auteurs, les âges, les numéros,... L’étendue des dégâts est considérable. Le constat hallucinant. C’est mon âme toute entière qui est frappée d’amnésie. Alors, avec la minutie d’un scribe, je répertorie. Un livre, une théorie, un article, une pièce de théâtre, un film, un concert, une émotion, une citation,... tout y passe. Fixer est devenu mon obsession. Ma hantise. Ma raison d’être.
 
Et toujours cette fascination (empreinte de jalousie) pour celles et ceux qui se souviennent. "La métaphysique des tubes" d’Amélie Nothomb. L’auteur y retrace les trois premières années de sa vie. Impensable ! Ma mémoire à moi est atrophiée. En jachère. Aucun souvenir avant l’âge de 12 ans. Rien. Le néant. Juste quelques sillages ci et là, à l’abandon.
 
Oh, ce n’est pas nouveau. J’ai une "mémoire amnésique" depuis toujours. "Votre fille efface de sa mémoire les épisodes pénibles de son enfance. Il s’agit d’un mécanisme de défense inconscient... bla bla bla" Bravo messieurs les pédiatres. Mais pourriez-vous m’expliquer en quoi la date d’anniversaire de Pat, mon propre numéro de gsm ou encore le prénom de ma voisine de table (six fois répété) constituent des dangers tels qu’il me faut les oublier dans la seconde !
 
Julie. Mise en boîte le 7 février 73. Mémoire en rupture de stock !
 
Rassurez-vous, on vit très bien en l’absence de souvenirs. On vit "au-jour-le-jour". On n’est jamais malheureux car on n’a pas souvenance des jours heureux. Toute comparaison est vaine.
 
J’ai entendu dire qu’un poisson rouge avait une mémoire de quelques secondes. Antidote à l’ennui, à l’indifférence ? Seul dans son 150 centimètres carré, il (re)découvre indéfiniment son royaume aquatique. Encore et encore. Toutes les poignées de secondes, il s’émerveille, s’émeut et s’inquiète. JE SUIS UN POISSON ROUGE !!!
 
L’autre avantage d’une mémoire "hors service", c’est qu’on se remet de tout… avec une rapidité déconcertante. Une blessure profonde ? On oublie. Une déception brutale ? On oublie. Une prise de conscience féroce ? On oublie. Une traîtrise venimeuse ? On oublie.
 
Puis parfois, sans prévenir, on oublie d’oublier. Et on se souvient. Vaguement. Juste assez pour se dire qu’il vaut parfois mieux oublier.
 
Retour au point de départ !
 
J’aurais dû appeler mon blog "Memento"...
 

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06/07/2003

Destin de m...

Profession de foi : "Internet et e-mail, en dehors du bureau, tu ne consulteras".
 
Aujourd'hui est une journée un peu spéciale qui me permet de déroger à cette règle sacrée. A l'instant où je rédige ce message, je devrais être dans l'avion, direction l'Asie du Sud-Est, plus précisement Hanoi. Au programme : un périple de trois semaines à travers le Vietnam... du Nord au Sud... de Hanoï à Saigon.
 
J'en ai rêvé de la baie d'Along. Mais le destin en a voulu autrement. Le delta du Mekong, les rizières, les tombes impériales... c'est pas pour tout de suite...
 
Saloperie de S.A.R.S. !


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03/07/2003

C'est beau l'amitié tout de même !

Lui... c'est mon binôme, mon jumeau, mon alter-ego... celui avec qui je partage quotidiennement, depuis trois ans, huit heures de ma vie (hors heures sup).

Alors : 8 heures x 5 jours ouvrables par semaine x 4 semaines par mois x 12 mois par année x 3 ans = 5760 heures, côté à côté (distance variable en fonction de l'aménagement des bureaux - minimum 1 mètre et demi / maximum 3 mètres).

"Inséparables ces deux là ! Tu crois qu'ils couchent ensemble ?". Et C. de mettre un jour fin aux rumeurs en concluant : "Impossible, s'ils étaient ensemble, ils ne riraient pas autant !".
 
Allé Pat, je te devais bien ça : un lien vers ton blog nouvellement créé : http://ipat.skynetblogs.be. Je ne partage pas ta passion des Mac (et ne comprends pas grand chose au contenu de tes posts)... mais bon, juste un petit lien comme ça... pour toutes les fois où tu as été là pour juju_the_best ;-)
 

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02/07/2003

Morbide, vous avez dit morbide ?

Si je vous dis "Messe des morts", vous me répondez ? Requiem. OK. Et si je vous dis "Requiem" ? Wolfgang Amadeus Mozart, bien sûr !

Dimanche, Basilique de Koekelberg, j’ai rendez-vous avec Mozart l’excentrique et son fameux "Requiem". Je décompte les jours. Coût de l’opération : 45 euro ! Mais quand on aime...

Il s’agit de la dernière oeuvre écrite par le compositeur sur son lit de mort en 1791. Le mythe populaire voudrait que Mozart ait composé ce Requiem pour ses propres funérailles à la demande d’un mystérieux "messager de la mort". Foutaise ! Tout aussi loin de la réalité que la version « Salierienne » de Milos Forman.

Le véritable commanditaire (fait de chair et d’os) serait le comte von Walsegg-Stuppach. Un Autrichien dont la manie consistait à faire passer pour siennes des oeuvres de musiciens étrangers. Il commanda ce Requiem dans le but d’honorer la mémoire de son épouse défunte. Malheureusement, Mozart décéda en laissant l’oeuvre inachevée. Un testament musical... C’est le jeune élève du maître, Franz-Süssmayer, qui terminera le chef d’oeuvre. Quand à Mozart, son cadavre sera jeté dans la fosse commune sans même une croix !

A l’instant où j’écris ces quelques lignes, il est là... à mes côtés. Son "Requiem" résonne dans la pièce. Il m’emporte et efface mes craintes, mes doutes, mes angoisses. Un chef d’oeuvre à la fois émouvant, grave, profond, intense, puissant, magique, ... Fermer les yeux. Ne plus penser à rien. Se laisser emporter.

"Son dernier souffle fut comme s’il voulait, avec la bouche, imiter les timbales de son Requiem. Je l’entends encore..." (Sophie Haibel, belle-soeur de Mozart)


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01/07/2003

Ames sensibles, s’abstenir !

"Aujourd’hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas." De quoi l’étranger de Camus est-il réellement accusé ? De ne pas avoir montré assez d’émotion à la mort de sa mère ?

"Demain, ma grand-mère va mourir. Ou peut-être après-demain, je ne sais pas". On se remet en effet assez rarement d’un cancer généralisé !

A quoi pense-t-on en attendant le mort ? Je n’ose pas le lui demander. Car ça ne se fait pas... Car j’ai peur de la réponse... Car on ne parle pas de la mort à une mourante. C’est un comble tout de même !

"Bonne-maman, c’est Julie, ta petite-fille". Elle me regarde droit dans les yeux et me montre du doigt. Non, ce n’est pas moi... Le doigt tremblant semble indiquer autre chose, mais quoi ? "Il y a un homme à côté de toi". Gloups. Pour détendre l’atmosphère, je lance un "Il est beau au moins ?". Mais ça ne fait rire personne !

Changeons de sujet... vite, une idée. Un petit café quelqu’un ? "Avez-vous demandé à Anna ce qu’elle voulait boire ?", murmure-t-elle en désignant un chaise vide. Sourire crispé de l’assemblée : Anna est morte il y a huit ans !

Je fixe nerveusement la dite chaise. C’est alors qu’elle évoque LE chien. Un bouvier plus exactement. Il viendrait la nuit... Tout se bouscule dans ma tête. Je pense à Anubis, le dieu des morts à la tête de chien (ou de chacal). Je pense au Cerbère à la triple gueule, le gardien des Enfers. "Le première fonction mythique du chien, universellement attestée, est celle de psychopompe, guide de l’homme dans la nuit de la mort." Réminiscence ? Comment une personne de 85 ans, à l’éducation moyenne, n’ayant jamais voyagé, aurait-elle pu entendre de telles histoires ?

Un homme, une amie disparue, un chien... ça fait beaucoup de "monde" dans une seule pièce ! La morphine... Mettons ça sur le compte de la morphine. Ca vaut peut-être mieux finalement.


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