01/08/2003

Monologue

- Non mais, franchement, on frôle le ridicule là ! Cette histoire de ‘coupure originelle’, c’est vraiment n’importe quoi !

- Ben, moi, je la trouvais jolie cette histoire...

- Absurde ! Voilà ce qu’elle est ! Absurde, grotesque et pathétique. Quand apprendras-tu à regarder la réalité en face ?

- La réalité... quelle réalité ?

- Trente ans, et ça se laisse encore émouvoir par des niaiseries pour adolescentes attardées...

- Qu’y a-t-il de dégradant à croire en l’âme soeur ?

- Mais redescends sur terre ma pauvre fille. L’âme soeur, c’est une légende urbaine, un fantasme collectif, un non-sens, une aberration. L’espoir du condamné !

- Et l’amour alors... tu y crois à l’amour ?

- L’amour ? C’est un combat perdu d’avance, une voie sans issue. Tous ceux qui ont pris leur envol se sont brisés les ailes... inexorablement.

- J’en connais, moi, des gens qui s’aiment...

- L’amour n’est rien d’autre qu’une réaction chimique. Ce n’est pas leur moitié originelle, leur prétendue âme soeur, que les Hommes recherchent constamment. C’est le déluge de phényléthylamine dans leur cortex cérébral. Ses effets euphorisants. Les gens qui s’aiment ? Des junkies. Des amphétaminomanes. Des défoncés à la PEA !

- La quoi ?

- Mais t’es bouchée ma parole ! La PEA : Phényléthylamine. Une hormone de la classe des amphétamines produite naturellement par notre cerveau. Lorsqu’on tombe amoureux, on produit une grande quantité de cette hormone, ce qui déclenche des sensations d’exultation et d’euphorie. L’opium de l’amour en quelque sorte.

- Donc, tu y crois à l’amour ?

- Quelle naïveté ! La relation amoureuse, c’est le résultat d’une formule chimique... ni plus, ni moins. Après un certain temps, l’organisme se lasse. Il développe une tolérance à la Phényléthylamine. L’amour est alors chimiquement condamné. Le sentiment d’allégresse s’estompe progressivement pour, en fin de compte, disparaître.

- Définitivement...

- Ground zero ! Terminés les papillons dans le ventre, l’euphorie perpétuelle, les nuits blanches, l’hyperactivité, l’absence d’appétit, ... L’allégresse devient indifférence. Tout ce qui plaisait... agace, excède, exaspère. Tout ce qui irritait... repousse, répugne, horrifie. L’âme soeur devient bête noire. Tumeur bénigne !

- Il n’y a donc aucun espoir ?

- [Eclat de rire]


09:22 Écrit par julie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.