25/09/2003

ETANT DONNE...

Vous saviez, vous, que Marcel Duchamp avait été un joueur d’échecs invétéré ? Et bien moi, non !
 
Je l’ai appris dimanche, à l’occasion du Festival du film sur l’Art [3ème édition]. J’ai toujours imaginé l’initiateur du Ready-made comme un être arrogant, cynique, extraverti et prétentieux. Il fallait forcément l’être pour, en 1917, soumettre à la Society for Independant Artists un vulgaire urinoir rebaptisé Fontaine et signé M.Mutt. Et bien non ! J’ai découvert un homme posé, calme, réfléchi et solitaire. Un homme réel avec ses doutes et ses interrogations... qui parle des échecs comme de l’école du silence, de la constante cartésienne de sa vie, d'une drogue qui l'accompagnera jusque dans sa tombe.
 
Immédiatement, j’ai été séduite par la douceur de son regard. Par son visage émacié [très proche de celui de Kafka]. Par son humilité. Etonnamment, celui qui fut surnommé l’enfant terrible aborde assez peu le thème de l’art. L’art est une escroquerie... un mirage, lance-t-il. Le journaliste le titille. Peut-on parler d’un mouvement dada à la new-yorkaise ? Etait-ce de l’anti-art ou de l’anti-société ? Pourquoi ce rejet de l’art rétinien ? Le Nu descendant l’escalier est-elle une oeuvre cubiste ou préfère-t-il parler d’art cinétique ?
 
Marcel Duchamp ne semble pas vouloir répondre à ces questions. Elles l’ennuient. Par moment, il se résigne à parler... Il évoque les ornières picturales de l’époque, son projet d’élever des objets manufacturés au statut d’oeuvre d’art, l’impact des Ready-made sur le statut de l’artiste. Et de conclure par ces mots : Les choses sont venues pêle-mêle, sans ordre. Il n’y avait pas de schéma pré-établi.
 
Les vingt dernières années de sa vie, Marcel Duchamp les consacra à sa première passion : les échecs. Du moins, c’est ce qu’il s’amusa à nous faire croire. Secrètement, l’iconoclaste travaillait à une oeuvre cruciale qui ne sera dévoilée qu’un an après sa mort. Etant donnés. Un des tableaux les plus énigmatiques de toute l’histoire de l’art. Avec La Joconde [que Marcel Duchamp transforma, pour la petite histoire, en Ready-made adapté].
 
Etant donnés [1946 à 1966]. Imaginez... Vous êtes face à une vieille porte en bois, à deux battants. Cette porte dépourvue de poignée est entourée de briques rouges. Deux trous sont aménagés à hauteur d’homme. Vous vous approchez et devenez voyeur. Vous apercevez alors une femme nue étendue sur l’herbe. Ses cuisses sont écartées. Son sexe épilé et fendu. Son visage n’est pas visible. Est-elle morte ? Vous vous sentez soudain mal à l’aise, impuissant. Dans sa main gauche, la femme tient fermement une veilleuse à gaz illuminée. Fermement. Etrange… Le fond en trompe l’oeil vous rappelle vaguement les peintures de la Renaissance.
 
Aucun indice.
Aucune piste.
Juste un tableau en guise de testament.

 

09:10 Écrit par julie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

22/09/2003

RESPECT

Une fois n’est pas coutume, honneur aux femmes sur au-jour-le-jour. Dans At five in the afternoon, Samira Makhmalbaf dresse le portrait d’une femme afghane après la chute du régime taliban. Une femme rebelle, indépendante, déterminée, courageuse... bien décidée à braver l’intégrisme paternel, l'école coranique et l’Islam dans un seul but : s’instruire. Son rêve ? Devenir chef d’état... Présidente de la République ! C’est l’histoire d’une cendrillon des temps modernes, en plein désert afghan, le visage caché derrière une burka. L’histoire d’un rêve, d’un combat, d’une revendication. Prix du Jury au dernier festival de Cannes, At five in the afternoon est le premier film à avoir été tourné à Kaboul après la chute des talibans en novembre 2001. Une jeune cinéaste iranienne de 23 ans qui traite de l'émancipation des femmes afghanes post-talibans. Et bien moi je m’incline et dis RESPECT mademoiselle Makhmalbaf !

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19/09/2003

RECIT D’UNE CONCEPTION

J’ai été conçue un soir de l’année 1972. Ma mère parle d’un petit hôtel dans une rue proche de la Piazza San Marco. Mon père aime raconter que j’ai été conçue parmi 10.000 papillons.
 
Flash back.
 
Mai 68. Des collectifs événementiels voient le jour un peu partout en Europe. Parmi ceux-ci, le Mass Moving dont Raphaël Opstaele est l’un des initiateurs. C’est l’époque des happenings, des performances. On parle d’art participatif, de guérilla artistique. L’art se veut contestataire. Les artistes dénigrent les galeries, les musées et prennent possession de la rue. Objectif : échapper aux conventions !
Les actions initiées par le Mass Moving s’enchaînent : Ludic City, Theatre-Habitation, Erektion, Voiture bétonnée, ...
 
Rencontre.
 
Janvier 72. Shadow Project. Avec trois autres personnes, ceux qui allaient me concevoir quelques mois plus tard prennent le Transsiberian Express à destination du Japon. Hiroshima : à l’endroit présumé de l’explosion atomique, les Mass Movers peignent sur le sol leur ombre en rose. Action simultanée à Bruxelles, Moscou et Amsterdam.
 
Six mois plus tard, le Mass Moving est invité à la 36ème biennale de Venise. Sur la Piazza San Marco, le collectif construit un incubateur géant dans lequel sont placées 10.000 chrysalides. Les éclosions sont filmées et retransmises sur des écrans situés à l’extérieur du cocon. Samedi 9 juin, 18.00 : lâcher sauvage de 10.000 papillons sur l’une des plus belles places du monde.
 
Julie.
Trente ans.
Fille d’ORAS.
Issue du Butterfly Project.
Signe distinctif : conçue un soir de l’année 1972... parmi 10.000 papillons.

 

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17/09/2003

TOUTE PREMIERE FOIS

SAMYE DZONG
Centre d'études tibétaines
Cours d'initiation au Bouddhisme et à la Méditation
 
Première fois plutôt douloureuse.
Il faut bien l'avouer, la position du lotus, c'est l'extase... 35 secondes !!!
Après, ça vire torture : des douleurs lancinantes dans le dos et la nuque,
des crampes aux jambes, des maux de tête dus à la forte odeur d'encens.
A quoi s'ajoute une insoutenable envie de dormir, de rire, de boire, de bouger,
de tousser, de manger, de parler, d'aller aux toilettes, ... Un calvaire !

 
Heureusement, une consolation m'attendait à la sortie :
un Doha, sorte de poème tibétain destiné à soutenir la méditation.

 
A vouloir saisir l'insaisissable, on s'épuise en vain.
Dès lors qu'on relâche cette saisie, l'espace est là.
Ouvert, hospitalier, et confortable.
Alors, jouis-en, ne cherche plus.
Tout est déjà tien.

 
A quoi bon aller traquer dans la jungle inextricable.
L'éléphant qui demeure tranquillement chez lui.
Cesse de faire.
Cesse de forcer.
Cesse de vouloir.
Et tout se retrouvera accompli.

 
Naturellement.
 
Etrange impression de déjà lu...
Maintenant, j'en suis certaine : Bouddha et moi, on va devenir de super potes !

09:15 Écrit par julie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

15/09/2003

ACTION - REACTION comme dirait...

STOP ! FINITO ! On arrête. Rien n’est grave, c’est pas moi qui l’ai dit... c’est Beigbeder. On se reprend. On sourit. On po-si-ti-ve.
 
Sacerdoce en date du lundi 15 septembre 2003, 8.51 :
 
NE PLUS SE LAISSER EMMERDER
Le petiot s’en est pris au Père Noël. Moi, j’escalade. Je m’adresse au Big Boss en personne. J’ai eu ma dose de mauvaises nouvelles. La paix ! Vas emmerder quelqu’un d’autre. Crois-moi, y en a plein des gros cons sur cette terre qui mériteraient qu’on leur gâche un peu la vie. Des crapules qui se la coulent douce pendant que tu te défoules sur les irréprochables. T’avise plus de toucher aux gens que j’aime... est-ce bien clair ? Elle pourrait devenir agressive la gamine. Hemingway nous a craché à la gueule. D’autres ont suivi. Moi, c’est sur la tienne de gueule que je vais cracher si tu continues. Dégages !

 
REALISER SES REVES
Inde, Népal, me voilà ! Le 16 novembre, je décollerai [ruinée mais heureuse] de Charles De Gaules. Destination : Delhi. Terminer de reporter constamment. Trop facile. Je vais pas attendre d’être allongée dans un coffret en sapin verni pour me rendre compte qu’il est trop tard ! On se lance : Delhi - Samode - Jaipur - Agra - Khajuraho - Benarès - Sarnath - Kathmandou. Ma main tremblait à la signature du bon de commande. D’excitation ? De peur ? Un peu des deux sans doutes !

 
SE BOUGER LES FESSES
Fitness ma vieille ! Et plus vite que ça. Et mieux que ça. "Mens sana in corpore sano". Me fous pas mal de ta grippe intestinale. Ca fait une semaine que ça dure. BOUGE ! Non, pas deux fois par semaine. Feignante. Mollassonne. Trois fois... minimum. Et tu me feras le plaisir de souffrir en silence, de transpirer dignement et de pédaler avec le sourire ! Une, deux... Une, deux... Ah oui, et j’oubliais : les cours d’initiation au Bouddhisme et à la méditation... tu commences mardi. Oui CE mardi !  

 
La semaine dernière, un homme m’a accosté dans le rue pour me rappeler, je cite, de ne pas oublier de sourire ! Je devais en tirer une tête. Promis, ça n’arrivera plus. ACTION - REACTION ! 
 

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11/09/2003

...

No comment ...

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10/09/2003

Génération X, D. Coupland, page 133

"Je voudrais d'abord que tu me dises quelque chose : quand tu seras mort et enterré et flottant peu importe où, là où nous allons tous, quel sera ton meilleur souvenir de Terre ?"
"Tu veux dire quoi ? Je ne comprends pas."
"Quel moment précis définit pour toi la vie sur cette planète ? T'emportes quoi comme sandwich ?"
Là, silence. (...)
Elle continue : "Les expériences yuppies bidon, celles pour lesquelles tu as été obligé de payer, le rafting sur les rapides ou la balade à éléphant en Thaïlande, ça ne compte pas. Je veux un instant de vie qui prouve que tu es vraiment vivant." (...)
"Moi, j'en ai un", dit Claire.
Tous les yeux se tournent vers elle.
"La neige", nous dit-elle. "La neige"

 
 
Et vous, qu'auriez-vous répondu à cette question ?
Quel sera votre souvenir de Terre ?

 

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09/09/2003

BON VENT

Yves est mort. Je l’ai appris via un message sur mon répondeur. Une voix d’outre-tombe. Il n’y a pas encore très longtemps, j’aurais détourné le regard [sans sourciller]. Lâcheté propre à ceux qui ont peur de souffrir. Aujourd’hui, j’assume et la rappelle. Elle pleure. Je dois me concentrer pour ne pas rire. Ben oui, je ris toujours quand c’est grave. Désespéré. Dans les livres, ils appellent ça un réflexe de distanciation. Dans la vraie vie, j’appelle ça une saloperie de réflexe de m... Je parviens à me contenir et lui parle. Plutôt l’écoute.

Delirium Tremens... affectation gravissime pouvant se manifester chez une personne alcoolo-dépendante. Je n’en avais jamais entendu parler jusqu’à ce qu’elle aborde le sujet il y a quelques semaines. Une nuit, Yves s’est réveillé en hurlant, terrifié, tremblant, agité. Il voyait des gens, des pièges. Ce qu’elle prit au début pour une crise d’épilepsie se révéla être un delirium tremens. Une heure plus tard, il se retrouva sanglé sur un lit d’hôpital, à tracer des lignes imaginaires, le regard halluciné. Dans son coeur à elle, Yves mourut ce soir là, laissant derrière lui un fantôme, une ombre, un pantin.  

Je ne pensais pas avoir été affectée par la nouvelle. Qui était-il pour moi ? Personne. Un étranger avec lequel j’ai partagé trois semaines de ma vie. Un inconnu aux côtés duquel j’ai traversé la Chine, du nord au sud. L’Empire du milieu... Il ne l’a pas aimé. J’y serais restée éternellement. Sans ce voyage, nous aurions fait vie à part. Nos chemins ne se seraient jamais croisés. Et pourtant... Je pense constamment à lui. Son visage hante mon âme. Je revois son regard tendre, attentif, presque paternel. Son air attendri. Il m’appelait la petite... la gamine. Je l’amusais. Cet homme qui se cachait pour boire m’a appris à voir au-delà des apparences. A tolérer l’intolérable.

Nous nous étions promis de découvrir ensemble l’Amérique du Sud. Le Pérou. Cette année ou la suivante. Nous avions tout le temps. Du moins, c’est ce que nous pensions !


Bon voyage mon ami...



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05/09/2003

RENCONTRE DU TROISIEME TYPE

Mercredi soir. 20h30. Dakao. Réservation au nom de Julie. En retard, comme d’habitude. Notre table nous attend. A la table d’à côté, un monsieur d’une soixantaine d’années nous salue poliment. Il est seul. Nous nous installons et entamons une discussion enflammée sur un sujet d’une banalité crasse dont je n’ai même plus souvenance. Ah oui, je sais, l’antinomie hommes/femmes et tout ce que cela implique. En jetant un oeil vorace sur les assiettes aux alentours, je croise le regard du sexagénaire en question. Il me sourit et articule deux mots : Yin... Yang. Pardon ? C’est le principe du Yin et du Yang, me répète-t-il calmement. L’homme et la femme... De l’alliance des contraires naît la dynamique. Je lui souris : Taoïste ? Ma question le surprend. Non, me rétorque-t-il, Physicien ! Nous rions de bon coeur. Vous avez déjà entendu parler de la synchronicité, me lance-t-il. Ma respiration s’accélère. La synchronicité ? Oui, je m’y intéresse depuis un moment... C’est troublant que vous en parliez ! Il enchaîne : Tout est une question d’énergie vous savez. L’argumentaire qui suit est complexe. Trop complexe. Me sens toute petite. Idiote. Comme d’hab. Nous continuâmes à discuter d’une table à l’autre pendant plus d’une heure. Des hasards, des coïncidences, des lignes Nazca, de Freud, de l’Art, du Taoïsme, du terraforming, de Paul Auster [et oui, aussi étonnant que cela puisse paraître, ce monsieur me parla spontanément du Leviathan de Paul Auster - La personne que cet aparté concerne se reconnaîtra]. C’était comme si mon interlocuteur lisait dans mes pensées. Vous auriez du papier et un stylo me demande-t-il soudain. Il griffonne quelque chose, se lève brusquement et me tend une poignée de main cordiale. Au revoir.... et, un dernier conseil... continuez à chercher, vous les trouverez un jour les réponses à vos questions. Emue, j’arrive à peine à bredouiller un Mais comment savez-vous... C’est simple, précise-t-il, ça se voit dans vos yeux. Il quitte le restaurant. Le papier est toujours dans ma main. Je le déplie et y découvre trois mots : hasards nécessaires Vézina. Une brève recherche sur Internet m’apprendra le lendemain qu’il s’agit du titre d’un ouvrage traitant de la synchronicité dans les rencontres. Avez-vous déjà croisé des personnes qui se sont mystérieusement trouvées sur votre route et qui en ont influencé la trajectoire ? Qu’est-ce qui nous prédispose à de telles rencontres ? Pouvons-nous supposer avoir affaire à des messagers de l’inconscient qui franchissent, de façon fulgurante, les portes du réel ? Ca vous fait sourire, hein, mon histoire de messagers de l’inconscient. Avouez tout de même qu’elle est troublante cette rencontre... ... ...

 


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01/09/2003

DELIRIUM TRE-VICE

Tiens, tu t’intéresses au Marquis de Sade? Un réflexe idiot me fait me retourner, genre Mais à qui s’adresse-t-il donc? Mouvement inopportun [voire ridicule] compte tenu du fait que nous sommes seuls dans cet appartement depuis maintenant plus d’une heure !
 
Euh, ben, ... Je m’apprête à répondre par la négative lorsqu’il extrait triomphalement de ma bibliothèque un livre jauni au titre évocateur : Marquis de Sade. Font rouge * Size 72 * BOLD. Décontenancée, je reformule une série de Euh, ben, ... tout en essayant de me rappeler d’où peut bien provenir ce satané bouquin. Pas la moindre idée ! Je m’approche en grommelant un Il ne m’appartient pas. Ca doit être à... quand je découvre avec stupeur les annotations. MON écriture. Indéniablement.
 
Croyez-moi ou non : à cet instant précis, je n’ai absolument pas souvenance d’avoir un jour ou l’autre parcouru l'ouvrage incriminé. Rien. Pas l’ombre d’un souvenir. Je l’arrache littéralement des mains de mon interlocuteur [devenu insignifiant, cela va sans dire] et le feuillette nerveusement, dans l’espoir d’y trouver un indice susceptible de rafraîchir ma mémoire. Quand ai-je donc bien pu acheter, lire et annoter un bouquin sur la vie et l’oeuvre du Marquis de Sade ?
 
Une voix [nasillarde, limite agaçante] me sort brusquement de ma torpeur : C’était un gros pervers, non, le Marquis de Sade? Crispation. Je ne savais pas que tu aimais ce genre de littérature! Bouillonnement. Le moindre signe d’exaltation et il est dehors. Illico presto. Le pire n’est jamais décevant : un clin d’oeil ! COMBLE de la ringardise... DEHORS. OUT. Bon débarras.
 
‘Malheureux Sade ! Ce professeur de liberté est le plus méconnu des hommes, on le sait, on l’a dit, on le répète...’ C’est ainsi que, pour la seconde fois, je fis la connaissance du divin marquis. L’homme de tous les scandales. Le dépravé. L’infâme.

 
La question qui vient directement à l’esprit est la suivante : Sade s’est-il comporté comme ses personnages ? Toute sa vie, il aurait clamé être un libertin mais pas un criminel. L’analyse de sa correspondance révélerait un personnage tourmenté, malheureux, puéril, sensible à l’amitié et à l’amour, cabotin, cynique, coléreux et lucide. Ainsi, pour beaucoup, l’oeuvre du Marquis serait exclusivement le résultat d’une imagination débordante aiguisée par un enfermement long et douloureux. Onze années de solitude qu’il aurait compensé en écrivant. Sans quoi, il aurait très certainement perdu la tête. L’écriture comme exutoire... étrange impression de déjà-vu ! Si le Marquis a donné son nom au sadisme, ce serait donc plus pour son imagination que par l’exemple de sa vie. Reste maintenant à savoir si sans ces années de réclusion, le libertin débridé serait devenu l’homme de lettres que nous connaissons aujourd’hui ? 
 
Bouquin intéressant. Personnage fascinant. Mais je n’irai pas plus loin. Je laisserai aux amateurs du genre le soin de lire Les Infortunes de la vertu, Les 120 journées de Sodome ou La philosophie dans le boudoir. La lubricité, la perversion, les déviances... c’est franchement pas mon truc. Désolée cher Marquis.
 
Quant au fameux il... je ne l’ai jamais revu. Ni lui, ni son clin d’oeil ravageur ;-)   
 

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