19/03/2004

Expérience extra-sensorielle

Jeudi 18.03.2004 * 20:30 * Palais des Beaux-Arts.
Charles Ives,
Quatrième Symphonie pour chœur ad libitum et grand orchestre.
 
 
Premier mouvement (Prelude)
Tout est calme.
Trop calme.
Un danger plane, emprunt de mystère.
On pressent le drame.
D’une grande violence.
On l’attend.
Il éclate.
Descente aux enfers.
Chute vertigineuse.
Crescendo.
Le chœur rappelle l’espérance.
Décentré.
Entre ciel et terre.

 
Second mouvement (Allegretto)
La ville.
La métropole.
Turbulente.
Les thèmes s’entrechoquent.
Les sonorités se superposent.
Le jour.
La nuit.
Rien ne s’arrête.
Des images défilent.
Figuration de la vie moderne.
Effervescence.
Impression de chaos.
Qu’un piano ordonne, domine.
Soudain, la musique s’arrête.
Brutalement.

 
Troisième mouvement (Fugue. Andante moderato.)
Au chaos succède l’ordre.
Le formalisme.
L’équilibre.
La peur s’atténue.
L’angoisse s’estompe.
Confiance.
Sérénité.
Mais cet ordre est artificiel.
On regrette l’effervescence.
Le capharnaüm.
L’antithèse est décevante.
Car trop académique.
Trop classique.
Trop raisonnable.
Désir de liberté.
Envol.

 
Quatrième mouvement (Very slowly – Largo maestoso)
Sensation étrange.
La musique devient organique.
Viscérale.
Chaos teinté d’équilibre.
Entre-deux.
Complémentarité.
Le piano ne domine plus.
Il s’intègre.
A un tout.
A l’ensemble.
Soudain, s’élève un chant.
Celui d’une femme.
Presque inaudible.
On le devine.
On le perçoit.
A peine.

 
Y a-t-il encore une place pour l’individu ?
On s’interroge (…)


 
Charles Ives, originaire du Connecticut (USA), composa cette symphonie entre 1910 et 1916. Son langage, révolutionnaire pour l’époque, préfigure les techniques d’écriture de la musique contemporaine telles que la polytonalité, l’atonalité, la sérialité ou la polyrythmie.
 
Initialement très mal accueillie par l’Orchestre Philharmonique de New York, l’œuvre ne fut présentée dans son intégralité que quarante ans plus tard, en 1967.
 
Encore aujourd’hui, la Quatrième Symphonie pour chœur ad libitum et grand orchestre est considérée, par beaucoup, comme… injouable !

12:51 Écrit par julie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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