13/05/2004

Aurore

Il y a un nouvel homme dans ma vie : Fernando Pessoa.
 
Il a déboulé comme ça, un jour, sans prévenir. J’avais déjà entendu parler de lui auparavant, il y a de cela des années, par l’intermédiaire d’un ami portugais. Il ne jurait que par lui. "Le plus grand poète de tous les temps", disait-il. Moi, je n’en faisais qu’à ma tête. Sans doute étais-je alors trop insouciante, trop idéaliste pour comprendre. 
 
De Pessoa, je ne sais pas grand-chose. Par choix. Ne dit-on pas des poètes qu’ils n’ont pas de biographie.
 
J’apprendrai à le connaître petit à petit, au fil des pages, des mots, du temps et des rencontres. Comme on déterre un trésor.
 
"Je est un autre" écrivait Rimbaud. Pour Pessoa, Je est multiple. "Sois pluriel", s’exclamait-il, "Comme l’univers !". Hétéronymes.
 
Hier soir, je me suis endormie calmement, bercée par ses mots : "Tout effacer sur le tableau, du jour au lendemain, se retrouver neuf à chaque aurore".
 
J’étais confiante et sereine. Il allait veiller sur moi à présent : Fernando Pessoa (…)

09:00 Écrit par julie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.